Flatte ton raton: attitudes nuisibles dans une organisation

En tant qu’activistes dans des groupes et organisations anti-autoritaires prônant l’autonomie individuelle et collective, l’égalité, la collaboration et la solidarité, nous devrions favoriser l’autoformation et une communication transparente et respectueuse, un juste partage des tâches et le respect des efforts des autres. Nous devrions aussi éviter certaines attitudes — volontaires ou non — qui peuvent nuire au processus de décision ainsi qu’à l’efficacité, à la cohésion et à la cohérence du collectif, au risque même de faire éclater des conflits et d’entraîner le départ de membres, ou la dissolution du groupe lui-même. C’est pourquoi la Convergences des luttes anticapitalistes (CLAC) a senti le besoin d’identifier un certain nombre d’attitudes qu’elle juge nuisibles et inacceptables dans un contexte d’organisation et de lutte anti-autoritaires.

- Bloquer systématiquement les décisions collectives : il est bien sûr normal de ne pas être en accord avec la majorité d’un groupe militant, mais si cela devient une habitude, cela peut nuire à la dynamique collective et au processus décisionnel. Dans un processus participatif, égalitaire et consensuel, il faut accepter que les décisions ne reflètent pas toujours notre choix (selon les procédures de décision, on peut ne pas bloquer le consensus en s’abstenant, en se mettant en retrait, etc.).

- Valoriser une seule manière d’être ou de faire : cela peut empêcher le groupe d’expérimenter, de s’ouvrir à d’autres perspectives, d’inclure de nouveaux/nouvelles membres. Il faut accepter qu’il puisse y avoir plusieurs avis différents au sujet de ce qui est le plus « efficace » ou « urgent ».

- Manquer de confiance envers les autres : il peut être très frustrant et démotivant que des personnes remettent en question des décisions prises collectivement en leur absence, et même forcent la relance du processus décisionnel. Les personnes absentes doivent faire confiance au groupe. Et si on est vraiment pas d’accord, il est préférable de poser des questions sur les raisons qui ont mener à une décision avant d’émettre ses critiques. Mieux vaut faire confiance à la bonne foi des personnes impliquées.

- Faire du contournement : manœuvrer hors des instances décisionnelles et des canaux de communication « officiels » pour imposer ses idées peut semer confusion, méfiance et frustration. Les groupes et organisations ont souvent des processus de prise de décision clairement identifiés et il est important de les respecter.

- Comploter : former une clique avant les rencontres collectives pour s’y imposer en bloc lors de prises de décision provoque méfiance et division. La transparence renforce la confiance, l’unité et la force collective.

- Faire le gérant d’estrade : rester sur une liste courriel d’un groupe ou d’un comité et ne plus s’y impliquer activement, ou seulement pour donner son avis, peut nuire à la dynamique d’un groupe et à son bon fonctionnement. L’implication concrète de l’ensemble des membres dans les processus collectifs renforce la collaboration et la solidarité. Sans oublier que la participation aux réunions permet d’avoir des débats de fond et des échanges plus fructueux et conviviaux que ceux qui se limitent au cyberespace.

- Contrôler et monopoliser l’information : cela accentue l’influence informelle qu’un individu peut exercer sur le groupe et à l’extérieur du groupe, en réduisant d’autant l’autonomie des autres. Au contraire, la circulation de l’information favorise le partage des savoirs et des connaissances, et donc l’autonomie des membres, en plus de permettre à l’ensemble des membres de participer aux décisions de façon éclairée.

- Diriger la scène : prendre continuellement des tâches prestigieuses qui donnent de l’influence sur le groupe et à l’extérieur du groupe diminue d’autant l’égalité entre les membres. L’égalité, c’est accepter qu’on n’est pas indispensable et que les autres peuvent accomplir des tâches « avantageuses » aussi bien que soi.

- Monopoliser des tâches : toujours prendre les mêmes tâches ou s’imposer pour une tâche qui devait être faite par d’autres nuit au développement des compétences et à l’autonomie des membres du groupe. Le travail collectif, pour être agréable et efficace, exige collaboration et entraide, ainsi qu’un bon équilibre dans le partage des tâches et des compétences.

- Prendre trop de tâches : c’est peut-être impressionnant, mais cela empêche les autres de s’impliquer et de progresser. Mieux vaut laisser la chance aux autres de se proposer pour une tâche avant de se précipiter soi-même dessus.

- Faire de fausses promesses : prendre des tâches et ne pas les accomplir n’aide en rien le groupe, bien au contraire. En plus de faire retomber les tâches non effectuées sur les épaules des autres membres, cela donne l'impression que le groupe a la capacité d’en faire plus qu’il ne le peut réellement. Si on réalise qu’on ne pourra pas accomplir une tâche que l’on avait promis d’effectuer, il est préférable d’avertir les autres, pour assurer le bon fonctionnement du groupe et éviter la frustration. Évidemment, il est normal de ne pas toujours être en mesure de faire ce à quoi on s’est engagé, et ce, pour plusieurs raisons pas toujours prévisibles. Lorsque cela arrive, il est inutile que les autres membres s’acharnent sur la personne concernée. Il est plus constructif pour le groupe de se montrer solidaire et d’offrir son aide.

- Toujours arriver en retard : sans vouloir verser dans le productivisme, disons que les camarades ont autre chose à faire qu’attendre. Par respect pour les autres, il est important d’au moins les avertir.

- Dénigrer et potiner : les tensions et problèmes dans un groupe ne sont pas d’intérêt public, et dénigrer des camarades à l’extérieur du groupe peut l’affaiblir et même miner sa sécurité. Respect et discrétion participent à la cohésion du groupe et à la sécurité de tout le monde.

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Abécédaire anticapitaliste

Après CISM pendant plus d'un an, le comité agitprop de la CLAC sévit maintenant sur les ondes de CKUT à l'Émission Off The Hour un vendredi par mois. La chronique est basée sur la formule d'un abécédaire: une lettre, un mot, une tirade. Ça ne se passe pas dans l'ordre alphabétique, mais selon l'actualité. D comme dénoncer, C comme crosse ou crosseurs. Bonne écoute!



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