La fausse charité des élites friquées : les riches hypocrites ne trompent personne ! La perturbation du Grand Soir expliquée aux osties de crosseurs

Montréal, le 11 juin 2012 -- Depuis jeudi soir (le 7 juin 2012), plusieurs super-larbins du Capital, tel que Jean Charest, l'ancien sous-fifre québécois de Stephen Harper, Michaël Fortier, et Robert Poëti, le verrat à la retraite recyclé en porte-parole des grosses polices, ont affirmé « ne pas comprendre » que l'on puisse vouloir perturber un événement de «charité» comme le gala d'ouverture du Grand Prix, ostensiblement organisé au bénéfice des fondations des hôpitaux Sainte-Justine et Sacré-Coeur. Les pauvres riches, voudrait-on nous faire croire, ne demandent rien de mieux que de « partager leur richesse » avec les enfants malades et autres nécessiteux, dixit le con-serviteur Fortier.

Ces gens et ceux de leur espèce nous ont habitué à leur profonde inaptitude à comprendre certains concepts élémentaires (c'est à croire qu'ils sont un peu épais), mais prêtons-nous au jeu et expliquons-leur pourquoi leur party privé d'euro-trash, de fascistes notoires, de crosseurs de carrière, de petits et gros bourgeois et autres wannabes jet-setters de pacotille, ne s'apparente en rien à ce que l'on nomme charité.

La charité, vertu judéo-chrétienne s'il en est une, implique que l'on donne sans attendre rien en retour. Par bonté de coeur, par altruisme, et non par intérêt.

Or, le pathétique spectacle de ces personnages à paillettes qui, en se donnant l'impression de faire partie d'une certaine élite, payent le prix fort (1 000$ le couvert, 25 000$ la table) pour fricoter quelques heures avec des pilotes de course, des milliardaires et des stars à la petite semaine n'a rien à voir avec la charité. On y distille au contraire la quintessence de la logique capitaliste : la transaction financière.

En échange d'un « don », on reçoit le privilège douteux de côtoyer ces gens distingués.

Demandons-nous donc lequel des éléments de la transaction compte le plus pour ceux qui s'y prêtent : le geste du « don » ; ou le bonbon, le privilège qu'ils obtiennent en échange ? Si c'est le bien-être des enfants malades qui leur tient tellement à coeur, pourquoi ne donnent-ils pas directement leur argent aux fondations correspondantes, sans attendre en retour de gratification ? Rien ne les empêche de le faire, puisqu'ils en ont les moyens ! Il est donc permis de croire que pour leur contribution « charitable », pour leur grande générosité, ces gens s'attendent à être compensés à leur juste valeur.

Cette étrange perversion du concept de charité est d'ailleurs enchâssée dans la fiscalité canadienne. Tout le monde sait bien que chaque « don » de ce type représente un montant déductible aux fins de l'impôt. Autrement dit, en régime capitaliste, le don de charité n'est charitable qu'à moitié, que dans la mesure où il n'en coûte pas trop au donateur. C'est par voie de conséquence les fonds publics, et non pas les capitaux privés des donateurs, qui sont versés aux fondations caritatives.

Ironiquement, rappelons que la condition sine qua non imposée par Bernie Ecclestone pour ramener la F1 à Montréal en 2009, était qu'il soit lui-même dispensé d'impôt ! Charest et Bachand peuvent bien nous parler de « juste part »... D'autant plus que le larbin Bachand vient tout juste de verser 15 millions supplémentaires de fonds publics pour rénover les installations de F1 à Montréal. La belle vie.

Par ailleurs, le faste et l'opulence de ce genre de gala laissent imaginer qu'il en coûte une tartine pour l'organiser. Lorsqu'on dit que « tous les bénéfices seront versés » aux hôpitaux, on omet subtilement de préciser que tous les frais liés à l'organisation, à la location des édifices et du mobilier, aux salaires des employés, à la sécurité, etc. seront soustraits des recettes de la soirée. Il serait ainsi très intéressant de connaître la différence entre les recettes brutes de l'événement et les montants effectivement versés aux organisations caritatives, celle-ci représentant le coût net de ce ridicule gala mondain, au reste parfaitement inutile à l'ensemble de la société.

On a là, quoi qu'on en dise, tous les éléments d'un rapport parasitaire à la société, ce qui est la caractéristique dominante du système capitaliste.

Voilà, messieurs et mesdames les crosseurs, pourquoi nous nous sommes opposéEs à la tenue de cet événement et avons souhaité le perturber. Ce que nous avons réussi, vous en conviendrez, du simple fait d'en avoir exprimé le souhait.

À cette notion tronquée de charité, nous opposons notre solidarité. Nous nous tenons debout et solidaires. Nous aspirons à un monde où votre fausse charité de haut en bas serait considérée avec la dérision et le mépris qu'elle appelle. À un monde où il n'y aurait plus de riches ni de pauvres (où personne n'aurait sept maisons alors que d'autres n'ont rien à manger), mais que des frères et des sœurs, égaux et égales, qui s'entraident et se soutiennent dans le bonheur comme dans l'adversité. Un monde, bref, où les enfants malades n'auraient rien à attendre d'hypocrites salopards.

Pour reprendre, à ce propos, la notice affichée sur le site de la CLAC plusieurs jours avant la tenue de l'événement : « Si les participants à cette mascarade de riches ont vraiment le cœur sur la main, ils n'ont pas besoin d'un prétexte bidon pour donner leur cash à la charité! Si vous avez du cash de trop, gang de câlisse, donnez-le direct à l'hôpital pis venez pas nous faire chier avec votre show de boucane! Fuck off! »

Abécédaire anticapitaliste

Après CISM pendant plus d'un an, le comité agitprop de la CLAC sévit maintenant sur les ondes de CKUT à l'Émission Off The Hour un vendredi par mois. La chronique est basée sur la formule d'un abécédaire: une lettre, un mot, une tirade. Ça ne se passe pas dans l'ordre alphabétique, mais selon l'actualité. D comme dénoncer, C comme crosse ou crosseurs. Bonne écoute!



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