Bilan premier mai 2014!

Ce qui s'est passé

Mobilisation

Les collants sont sortis à la fin mars, et les affiches au même moment. L’affichage a été massif, les journaux ont été en grande majorité distribué, si bien qu’à la fin on avait le luxe de passer des tracts comme rappel, notamment au Cégep du Vieux-Montréal et au Cégep St-Laurent. Sans doute, il s'agit de l'année où la mobilisation a été la plus intense depuis au moins 2011.

Toutefois, il est clair que les manifestations sont risquées pour les personnes. Le nombre d'arrêtées des précédentes manifestations sont à même de décourager les personnes les plus à même de participer aux manifestations, vu la faible présence au point de départ.

En termes d’appuis, nous avions des appuis très forts, notamment, l'ASSÉ qui avait mis dans son plan d’action notre manifestation et la manifestation syndicale. Nous n’avons cependant pas fait de campagne d’appuis officiels.

Nous avons fait une activité de mobilisation avec la IWW le 27 avril pour fabriquer des bannières et des pancartes.

Nous étions en contacts avec des contingents autonomes, notamment un contingent d’une cinquantaine de personne qui s’était localisé à l’ouest du point de départ, et du Chaotic Insurection Ensemble, qui voulait longer l’avenue Sainte-Catherine en distribuant des tracts sur le premier mai.

Au parc des faubourgs

Les tracts indiquant la stratégie générale ont commencé à être distribué vers 17h25. Des personnes étaient en charge de distribuer ces mêmes tracts à d’autre points stratégiques afin de cibler toutes les personnes qui se rendaient à la manifestation.

À 17h55 et 17h57, peu de temps avant le départ, la police était déjà en position sur notre trajet pour former un étau hermétique. Des intervenants ont donc tenté de contacter les personnes en charge du départ de la manifestation afin de demander la dispersion. Il y a eu un problème de communication, donc la manifestation a démarré malgré tout. S’en est suivi un encerclement vers 18h10. Plusieurs personnes qui avaient pris des tâches afin d’aider la CLAC (crier des slogans, tenir les bannières, protéger la fin de la manifestation, etc.) étaient dans cet encerclement. Une quarantaine de personnes furent arrêtées.

Le départ du métro Papineau…

… a eu lieu selon la stratégie prévue, c’est-à-dire à 18h15. C’était un départ qui n’était pas annoncé dans le tract, et le but était d’avoir une « manifestation de secours » au cas où la première était encerclée. En assumant qu’une proportion significative des manifestants et manifestantes s’y rendraient par métro, on avait positionné des gens à la sortie pour leur dire de rester au métro afin de partir une manifestation secrète. Le tract stratégique leur a été distribué. Cette manifestation fut à son tour encerclée, sur Ste-Catherine2, avec encore une fois beaucoup de personnes qui avaient pris des tâches pour cette manifestation. On réfère à cet encerclement comme le « deuxième encerclement », où une vingtaine de personnes furent arrêtées.

Coin Beaudry et Maisonneuve

Ce rassemblement, qui devait avoir lieu à 18h25, n’est pas parti. On espérait qu’une des deux manifestations pourrait au moins s’y rendre. On sait que dix arrestations sont survenues à ce coin de rue.

Départ du carré Berri

On sait qu’au moins deux contingents assez massifs, entre 50 et 100 personnes, ont réussi à partir tour à tour du carré Berri/Parc Émilie-Gamelin. Un d’entre eux a été dispersé dans le secteur des habitations Jeanne-Mance, et l’autre a continué sur de Maisonneuve jusqu’à Bleury, descendu vers le sud jusqu’à Sainte-Catherine, pour continuer vers l’est et se disperser dans la Place-des-Arts, devant une forte présence policière. On ne dénombre aucune arrestation pour ces deux contingents.

À la place Ville-Marie

Beaucoup de manifestants et manifestantes se sont rendues jusqu’à la place Ville-Marie qui était la cible politique qui avait été annoncée publiquement. Il n’y avait pas vraiment de police là-bas.

Dans la manif syndicale

Un contingent anticapitaliste a été formé au sein de la manif syndicale par des irréductibles des précédentes manifestations et arrestations. On était probablement plus d’une centaine. Des personnes dans le contingent ont décidé de continuer la manifestation après la fin de la manif syndicale. Aucun trajet n’était prévu. Ce contingent indépendant est allé derrière le palais des congrès où la police a pu nous attendre à la fin de cette très longue rue sans possibilité d’échappatoire. Une trentaine de personnes furent arrêtées. Plusieurs furent blessés autour du lieu de ce troisième encerclement.

Tactique

Constats généraux

  • On a essayé d’aller dans le Centre-Sud pour allier l’idée des quartiers et du centre-ville, espérant qu’ils nous laissent quitter le point de départ, mais ça n’a pas fonctionné.
  • Peu importe où on fait le point de rendez-vous, la manifestation aurait été déclarée illégale. Dans tous les cas, ils essaient de faire des arrestations de masse directement au point de départ.
  • C’est une nouvelle façon d’organiser des manifestations, mais qui représente aussi pour tous et toutes une nécessité de s’adapter. Le tract avec les différents points de rendez-vous a été une très bonne nouvelle stratégie même si ça n’a pas fonctionné au complet. C’est normal vu qu’il s’agit d’une première fois pour nous et pour les manifestants et manifestantes.
  • La stratégie a permis, malgré les arrestations de masse, de réussir à prendre la rue. Ça a été pour une période limitée, mais il s’agit d’une amélioration notoire si on se compare à la manifestation du 15 mars qui a précédé.
  • On n’a pas réussi à effectuer de dispersions, à part celles qui sont survenues organiquement.

Points forts

  • On a réussit à marcher malgré P-6. Plusieurs petits bouts de manifestations ont réussi à faire quelques coins de rues. Ça a été très bon pour le moral de reprendre la rue, même de façon temporaire.
  • Notre stratégie a divisé les flics en plusieurs endroits. La police était désorganisée : c’était un vrai casse-tête d’arrêter les multiples manifestations. Par contre, à la fin, la brutalité policière a augmenté aussi.
  • Il y a eu beaucoup moins d’arrestations que l'an passé.
  • Les médias ont parlé de nous et pas de la manifestation syndicale. Malgré leur couverture de marde habituelle, on a réussi à atteindre notre objectif médiatique, soit : « On part de là et on s’en va là-bas pour cette raison politique. »
  • Dans les souricières, le temps des détentions sur place étaient moins longs, probablement pour libérer les policiers et policières afin qu’ils et elles aillent faire plus de souricières.

Faiblesses et difficultés

  • 10 000 collants, 3000 journaux, 1000-2000 affiches, 8000 tracts, 2000 visionnements de la vidéo : énormément d’efforts de mobilisation en termes de distribution de matériel et d’affichage mais avec peu de résultats. Il n’y avait pas beaucoup de monde au point de départ, mais il faut dire que c’est difficile à déterminer étant donné que la police a intervenu avant l’heure du départ.
  • Moins de visibilité, moins de rapport de force et moins de courage parce qu’on est éparpillées en petits groupes. Les manifestations multiples rendent plus difficile le rassemblement d’une masse critique.
  • La distribution du tract n’était pas assez efficace : On n’avait pas suffisamment de temps pour expliquer la stratégie parce qu’on devait toujours courir au point de rendez-vous suivant. Beaucoup de gens n’ont pas vraiment eu le temps de le lire. Il y a eu beaucoup de retardataires qui n’ont pas reçu le tract ou bien qui n’ont pas pu le lire. Ça peut avoir des impacts sur l’issue de la manifestation.
  • Les heures étaient trop rapprochées entre les points de rendez-vous. Il fallait courir trop vite d’un point à l’autre.
  • Cette stratégie demande une implication active des manifestants et manifestantes. Il faut qu’ils et elles soient alertes, rapides, organisées, etc. Ça demande des manifestants et manifestantes prêt-e-s à se disperser à tout moment. Ça fait donc une manifestation qui peut devenir moins accessible.
  • Le principal problème c’est le manque de manifestants et manifestantes. Il faut dédramatiser les tickets (P-6, 500.1, etc.). Les 250 arrestations de la manifestation du 15 mars contre la brutalité policière ont vraiment échaudé les militant-e-s.
  • Logistiquement, c’est très difficile de faire partir les manifestations des quartiers populaires, parce qu’ils sont fortement séparés du centre-ville, où se trouvent les principales cibles politiques.
  • La police a fait un show du déploiement, afin d’inciter les gens à ne pas se pointer. La police a été jusqu’à déclarer la manifestation illégale deux jours à l’avance afin d’inciter les gens à ne pas venir.
  • Lorsqu’on se sépare d’une marche comme la manifestation syndicale, ça prend une équipe de tête qui sait où elle s’en va. Le trajet improvisé par les gens en tête de manifestation doit éviter les guets-apens comme le corridor du palais des congrès.

Recommandations et réflexions générales pour le futur

  • On a réussi à avoir un effet de surprise cette année. De quelle manière est-ce que l’État et ses forces policières vont se réajuster l'année prochaine ?
  • Comment stimuler la prise en charge autonome des manifestant-e-s et la participation des groupes à la mobilisation et à la manifestation afin de susciter la diversité des actions ?
  • Comment encourager une participation forte et décentralisée pour que tous et toutes puissent mettre la main à la pâte ? Qu'est-ce que les manifestant-e-s devraient avoir avec eux (ex.: tract informatif, bannière pour repartir une manifestation, contact courriel, etc.) ?
  • Comment promouvoir une autre façon plus proactive d'agir dans une manifestation ? Comment promouvoir le fait que nous sommes responsables de notre sécurité et responsables de se protéger les un-e-s les autres ?

  • Quels moyens de mobilisation devrait-on utiliser ? De quelle façon peut-on relativiser la répression et renforcer la confiance des militant-e-s ? Par exemple, devrait-on utiliser des affiches, des tracts, des activités avec des groupes affinitaires (comme l'atelier IWW/CLAC du 27 avril), des 5 à 7 de quartiers, … ?
  • Est-il important de parler publiquement à l’avance de la cible pour marquer notre objectif politique ? Ça a bien sorti dans les médias cette année : « On part d’un quartier pauvre et on s'en va où est l’argent que gouvernement refusent d’aller chercher. »

  • Comment réussir à obtenir une masse critique de manifestant-e-s dans le contacte actuel ?
  • Quel type de manifestation voulons-nous ? Avec un ou plusieurs points de rendez-vous ? Avec un ou plusieurs contingents ? Est-ce que le trajet est fixé à l'avance ou laissé libre ? Est-ce qu’on fait une marche ou une manif-action ?

Langues

Abécédaire anticapitaliste

Après CISM pendant plus d'un an, le comité agitprop de la CLAC sévit maintenant sur les ondes de CKUT à l'Émission Off The Hour un vendredi par mois. La chronique est basée sur la formule d'un abécédaire: une lettre, un mot, une tirade. Ça ne se passe pas dans l'ordre alphabétique, mais selon l'actualité. D comme dénoncer, C comme crosse ou crosseurs. Bonne écoute!



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